Médicaments de la rue : les pharmaciens du Cameroun tirent la sonnette d’alarme

Réunis à Ngaoundéré dans le cadre de leur Assemblée générale ordinaire, les pharmaciens du Cameroun ont mis à nu certaines pratiques qui gangrènent leur secteur.

L’Ordre des pharmaciens du Cameroun à travers son président, Dr Nana Sambou Frank Dange a notamment décrié la délivrance de psychotropes sans ordonnance ainsi que la participation de certains professionnels à l’approvisionnement du marché illicite des « médicaments de la rue ».

Selon Cameroon Tribune, au-delà de ces pratiques peu orthodoxes, les participants ont également évoqué le phénomène de la vente illicite de médicaments. Non seulement cette activité met les populations en danger, mais elle constitue une concurrence déloyale qui a entraîné la fermeture de plusieurs officines au Cameroun, notamment à Tibati et à Tignère dans l’Adamaoua, selon le président régional de l’Ordre, Dr Boubakary Boulé.

Le phénomène des médicaments de la rue continue de préoccuper les autorités sanitaires camerounaises. Dans une déclaration sur le réseau social X, le ministre de la Santé publique, Malachie Manaouda, dit observer « avec préoccupation » la présence de vendeurs de médicaments non autorisés à proximité des hôpitaux et centres de santé, en dépit des actions engagées par le gouvernement pour éradiquer ce fléau.

Selon le ministre, cette pratique constitue une menace sérieuse pour la santé des populations. Les médicaments vendus hors des circuits officiels échappent à tout contrôle de qualité, d’origine et de conservation, exposant ainsi les patients à des traitements inefficaces, voire dangereux. « Cette situation expose gravement les populations à des risques sanitaires évitables », a-t-il averti.

Face à ce constat, Malachie Manaouda a instruit les services compétents de prendre des mesures strictes. Il s’agit notamment de renforcer les contrôles autour des formations sanitaires, de mettre fin à la présence de vendeurs clandestins et d’intensifier les actions de sensibilisation auprès des usagers. L’objectif affiché est de garantir un accès sécurisé aux médicaments, exclusivement à travers les pharmacies et structures agréées.

Par ailleurs, le membre du gouvernement rappelle que la lutte contre les faux médicaments ne peut être menée efficacement sans l’implication de tous les acteurs. Autorités administratives, personnels de santé et citoyens sont appelés à faire preuve de vigilance et de responsabilité.

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