Escalade dans la cruauté des médecins : Shanda Tonme écrit à Manaouda Malachie

« Je vous parle, Monsieur le ministre, de l’impunité dans le corps médical, de la légèreté associée à l’incompétence, la négligence coupable, la désinvolture et la cupidité cruelles. Combien sont-ils, ces médecins sans pitié, venus à la profession pour faire du mal, pou endeuiller des familles ? Combien faudra-t-il de cas, avant que la tutelle ne lève le petit doigt, ne hausse le ton, ne siffle la fin de la récréation ? Combien sont-ils en prisons ? », questionne-t-il.

 

 

Le Médiateur Universel

Président de la Commission indépendante contre la corruption et la discrimination (COMICODI)

Président du Mouvement Populaire pour le Dialogue et la Réconciliation (MPDR)

 

 

Yaoundé, le 23 avril 2026

               

                                                                                                              Monsieur MANAOUDA MALACHI

                                                                                                              Ministre de la santé

 

 

Graves, pressantes et légitimes interrogations sur l’impunité des médecins

Au regard de la multiplication des mauvaises pratiques entraînant des décès

à répétition dans les formations structures sanitaires du pays

et endeuillant par conséquent de plus en plus de familles

 

 

 

Monsieur le Ministre,

 

Je viens vous porter la voix des milliers de parents, des orphelins, des veuves, des inconnus apeurés et endeuillés, ruinés moralement et perdus dans des émotions sombres chargées de colères et même de désirs de vengeances. Je vous parle de gens qui ne dorment pas ou plus, qui chaque jour revoient des images des proches, des enfants, des parents partis sans explications, partis, morts, tués presque, assassinés peut-être. La vérité d’aujourd’hui, c’est que des diables en blouse blanche écument les salles des soins des hôpitaux et les plateaux de chirurgie. Ils ont certes des visages humains, mais ce ne sont pas des humains.

 

Je viens vous parler de la situation d’un parent qui a vu ses deux enfants être pratiquement livrés à la mort, par des mains, des esprits, des individus en blouse blanche qui s’appellent médecins.

 

Je vous parle, Monsieur le ministre, de l’impunité dans le corps médical, de la légèreté associée à l’incompétence, la négligence coupable, la désinvolture et la cupidité cruelles. Combien sont-ils, ces médecins sans pitié, venus à la profession pour faire du mal, pou endeuiller des familles ? Combien faudra-t-il de cas, avant que la tutelle ne lève le petit doigt, ne hausse le ton, ne siffle la fin de la récréation ? Combien sont-ils en prisons ?

Les formations sanitaires, toutes sans exception, y compris les plus pompeuses dites de référence, sont devenues des endroits où on met les pieds avec plus de risques d’en sortir mort dans un cercueil, que d’en sortir debout et vivant. Il ne se passe plus une semaine au Cameroun sans un drame résultant des mauvaises pratiques des médecins. Les médecins tuent plus de compatriotes que toutes les organisations terroristes réunies qui sévissent dans certaines régions du pays. Et pourtant, jamais aucune sanction effective n’a été édictée. Les tueurs sont toujours en poste et continuent d’opérer, librement et impunément. Combien de fois avez-vous annoncé des enquêtes ? Où sont les résultats ? Quel médecin a été puni et comment ?

Face à ce lamentable bilan, à cette escalade dans la cruauté des médecins, il n’est plus besoin d’évoquer la complaisance complice de l’ordre des médecins, véritable syndicat de protection des brebis galeuses qui sévissent avec désinvolture et assurance.

C’est ici le cri d’un parent, la voix de nombreux parents, le souffle de la désolation des familles qui côtoient au quotidien des médecins tueurs auteurs de nombreux décès. L’histoire condamne toujours ceux qui se vengent, mais la dialectique émotionnelle les réhabilite et leur rend leur dignité et leur place de juste affection. Sachez que ça ne finit jamais, ça ne s’oublie jamais, et ça tourne parfois à la vindicte personnelle avec des conséquences les plus imprévisibles. Nul ne peut être condamné à vivre le regard de l’auteur d’un crime qui lui causé tant de torts, de préjudices, de souffrances et de peines indicibles.

Quand la gouvernance publique n’a pas su sanctionner ou rappeler à l’ordre les criminels, quel que soit leur statut, des mains et des cœurs individuels chargés de soucis de justice, peuvent conduire la société dans des abîmes. Le pardon perd alors sa place dans le langage. Nous sommes certes un pays de tolérance et de dialogue, et notre souhait le plus ardent est de le demeurer, MAIS !

 

Prenez vos responsabilités, Monsieur le Ministre.

 

Hautes considérations./.  

 

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